La conscience peut-elle être artificielle ? [5]

Suite des émotions

Le substrat des émotions

Les émotions sont donc des comportements vis à vis de stimulus qui ont été sélectionnés par évolution. La question est de savoir comment un tel phénomène peut se produire. Quelles sont les structures nécessaires à ces mouvements, ces détections.

Au niveau d’une simple cellule, les comportements les plus simple que l’on peut observer comme chez une paramécie c’est de se déplacer d’une zone contenant peu de nutriments vers une zone en contenant plus. Pour cela, les cellules peuvent réagir à des différences de concentration avec des systèmes de régulations qui peuvent être très complexes. Leur réaction peut se concrétiser par une mitose (division cellulaire) ou encore, pour d’autres par l’utilisation de cils vibratiles qui peuvent mettre en mouvement la cellule totale.

Quand on passe au pluricellulaire, il faut organiser une communication utile de l’état de chaque cellule sur sa survie. Cela peut passer par la sécrétion d’une molécule messagère qui va exciter d’autres cellules.

Le maintient de la vitalité de l’ensemble nécessite le maintient de la vitalité de l’organe. Mais chaque organe doit pouvoir communiquer avec les autres pour obtenir un fonctionnement d’ensemble.

La vie cellulaire, par évolution, a inventé un moyen de communiquer beaucoup rapide que la sécrétion directe, c’est la sécrétion « sous-traité » par les neurones. Un neurone est une cellule comme les autres qui peut sécréter des molécules et recevoir des signaux d’autres cellules mais c’est la membrane du neurone qui est spéciale.

Neurone

Elle permet notamment de transporter des signaux par propagation sur de très longues distances. Il est absolument fascinant de voir que le rôle du neurone n’est pas lié au maintient direct de la vie mais d’assurer le bon fonctionnement de l’ensemble du corps.

C’est ainsi que l’on peut remarquer que les émotions sont des processus ne s’appuyant pas que sur les neurones, cela peut être de la communication à l’intérieur de la cellule ou par l’intermédiaire du sang par les hormones. Cela ouvre donc les perspectives à la création d’émotions artificielles.

Le système nerveux est-il une machine de Turing ?

C’est la question qu’il faut se poser pour savoir si on peut synthétiser une émotion par ordinateur. Cependant, et je l’ai fait exprès, la question est ambigue et mal posée. Quand on répond Non à cette question, cela a tendance à réduire à néant toutes les recherches en intelligence artificielle.

Mais il suffit de passer par la définition d’une machine de Turing. Cette machine est une machine mathématique, virtuelle, qui permet de résoudre un problème par l’intermédiaire d’une mémoire et d’un jeu d’instructions permettant de jouer sur cette mémoire, de la modifier.

Le système nerveux est-il une machine de Turing ? Si vous cherchez bien, vous ne trouverez pas de ruban ni de jeu d’instructions dans le cerveau. Le cerveau est régit par les lois de la physique et de la chimie. L’état du cerveau dépend de son état infiniment précédent. Le cerveau n’est donc pas une machine de Turing.Mais osons tout de suite le mot : de la même façon, un PC n’est pas une machine de Turing… En effet, l’ordinateur est lui aussi soumis aux lois de la physique. L’exemple le plus typique est le cas d’une panne, si un condensateur explose, ce n’est pas à cause d’une instruction processeur.

La machine de Turing est la manifestation observée de l’état interne de l’ordinateur pris à un certain instant.

Pour donner un exemple, un pendule n’est pas une machine de Turing, c’est un système physique qui va décrire des oscillations selon les lois de la gravité et du principe d’inertie. Si on mesure la position du pendule en degrés toutes les 10millisecondes, la suite de nombres que l’on va obtenir peut être calculée par une machine de Turing en résolvant les équations de la dynamique et en les discrétisant.

Ainsi, si le cerveau n’est pas une machine de Turing, cela ne signifie pas pour autant qu’un ordinateur ne pourra jamais produire les mêmes résultats observables qu’un cerveau.

Le substrat de l’émotion n’est pas forcément neuronal, mais quelles fonctions assure le système nerveux pour générer ces émotions ? Est-ce que ces fonctions peuvent être synthétisées par une machine de Turing ? Et l’autre question est de savoir comment la régulation de toutes ces émotions peut-être faite dans le cas des êtres complexes.

A suivre

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2 Commentaires

  • 24 janvier 2011 - 22 h 35 min | Permalien

    très intéressant éclairant mais quelle monde s’ouvre a nous si un ordinateur et pas association d’idée un robot a les même propriétés que un cerveau humain …..hein dans combien de temps cella sera possible ? 10 20 30 ans

  • 23 janvier 2011 - 4 h 08 min | Permalien

    C’est très bien présenté.
    Persévère, c’est passionnant !

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