Je parle souvent des acointances fortes qui existent entre la robotique et la biologie.

On évoque maintenant fréquement le biomimétisme (on parle aussi indifférement de bionique ou de biorobotique), cette tendance qu’ont les roboticiens à piocher des idées dans le vivant pour avancer sur certains problèmes spécifiques:

Vous connaissez surement déjà  les robots de Festo : la mouette , la trompe pneumatique , les méduses et les autres .Le crédo mis en avant par certaines entreprise robotiques comme Bioloid est de « mimer le vivant » en introduisant « système nerveux » à l’intérieur des servomoteurs .Le concept même de l’algorithmique évolutionnaire est inspiré par la description de sélection naturelle de Darwin et les réseaux de neurones s’inspirent directement de leurs équivalents vivants.

Ces observations ont encore énormément à nous apprendre , une preuve supplémentaire de l’importance de la biodiversité et de la quantité d’enseignements à tirer de quatre milliards d’années d’évolution.

Aujourd’hui j’aimerais vous parler d’une autre étape , développée à partir d’un constat simple :  un robot n’est pas viable sur le long terme.

Principalement parcequ’il n’est pas autonome en énergie et qu’il a encore beaucoup de difficulté à s’adapter de manière efficiente à un problème complexe.

Vous vous rappelez probablement de cette image d’un neurone sur un circuit électronique , prélude à la mixité vivant-machine

En 2004 , un artiste : Ken Rinaldo , en plaçant des capteurs optiques autour du bocal d’un poisson rouge afin de le faire se mouvoir, crée un animal augmenté.En 2005 James Auger publie son livre controversé « Augmented animal » dans lequel il imagine des écureils dotés d’un gps pour retrouver leurs noisettes , des poissons dotés d’un détecteur de métal pour éviter l’ameçon du pécheur… En 2006 au Japon , un robot hexapode évite la lumière grâce à un champignon physarum.En 2007 un cafard contrôle un robot mobile

Les mots pour ces applications ne sont pas encore totalement fixés , certains considèrent que le domaine appartient à la biorobotique mais il me semble important de différencier la reproduction d’un élément naturel de son intégration pleine et entière en tant que composant dans un système électronique.

On pourrait proposer le terme de Biobotique ou de Zoobotique dès lors que le système dépend pour ses fonctions principales d’un organisme vivant.Cette définition incluant les cyborgs , particularisme lié à l’humain.

Quoi qu’il en soit nous arrivons à cettre frontière , scientifique et sémantique  où l’on fusionne l’outil avec le vivant. Cependant , contrairement aux lichens (champignon+algue) , cette »symbiose » n’est pas reproductible d’une génération à l’autre (vos enfants ne naitrons pas avec des prothèses). Elle reste dépendante d’une connaisance externalisée à l’individu (mais propriétaire d’un petit groupe) et elle est même d’une certaine manière dégénérative puisque l’on finit par perdre certaines fonctions (diminution du sens de l’orientation avec une utilisation intensive du gps).

Nous développons notre propre écosystème et nous nous y suradaptons.Sommes nous tellement surs de la pérénité de celui ci pour vouloir perdre nos précédents acquis ?