Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il y en a qui se bougent les fesses dans la région ! En effet, aujourd’hui je viens de participer à un évènement organisé par le LAAS-CNRS, Midi-Pyrénées Innovation, Cap’tronic et Syrobo sur la thématique du développement du secteur de la robotique particulièrement en Midi-Pyrénées. Je vais donc faire ici une description de ce que j’ai vu, des personnes qui sont intervenues.
Après une présentation des officiels, Rachid Alami a fait un tour d’horizon des projets actuels du LAAS. Le robot est vu directement dans l’environnement humain et chaque problématique rencontrée est analysée pour produire des solutions de calcul de trajectoire en temps-réel. Comme projet nous pouvons citer :
- un robot guide à la cité de l’espace
- COGNIRON : un robot assistant domestique
- PHRI ENDS : planification des mouvements
- ASSIST : assistance à la personne handicapée
- URUS : robots en environnement citadin
- COMMROB : robot chariot de supermarché
- ROSACE : Intégration multicompétence de robotique
- ARCAS : Activités de transport par plusieurs robots volants
- SAPHARI : suite de PHRI ENDS avec l’union de EADS et du LAAS
- ADREAM : appartement test pour la robotique de service domestique
EADS innovation works :
Ils travaillent sur la coopération des robots et des hommes en industrie. C’est à dire sur la possibilité d’enlever les grilles autour des robots pour éviter les incidents. Ils se sont inspiré notamment des trois lois d’Asimov pour définir des règles de conception des cellules de production. Une étude a aussi été faite sur la cause des accidents mortels dus à des robots. Des crash tests ont notamment été fait et la conclusion est que prendre un robot dans la tête est équivalent au choc d’un ballon de foot dans la gueule. Par contre, les accidents mortels sont dus à un écrasement des ouvriers par le robot contre un mur ainsi qu’au périphériques du robot. (une barrière laser bloquée par une saleté peut par exemple débloquer le robot quand celle-ci vient d’être nettoyée). Toutes ces considérations rendent plus efficace et plus supportable le travail des ouvriers. Le seul petit problème est qu’une coopération entre homme et robot n’est pas chiffrable en prévision de production.
Au passage, une video d’une cellule d’emboutissage en Chine avec des temps de cycle très faibles, 1 presse, 6 ouvriers… mais les ouvriers sont sous la presse…
AGRIMIP
Pour moi, c’était l’invité de la journée : l’agriculture. TERROIR ET ROBOTIQUE !! La région Midi-Pyrénées et l’Aquitaine sont très agricoles. AGRIMIP est un pôle de compétitivité sur l’innovation en agriculture et il y a une forte demande de leur côté. La robotique permet le désherbage, la cueillette, la traite, la pose de clôtures, l’écrasage de limaces, la navigation autonome des tracteurs, le guidage GPS assisté et surtout l’aide à la prise de décisions par fusion de données récupérées par robots.
Le robot assistant de santé
La problématique abordée ici est l’aide au personnes atteintes d’Alzheimer. Il a abordé des points auxquels je n’avais pas encore pensés et fait des remarques aux roboticiens :
- L’environnement de l’appartement est difficile à gérer avec un vrai robot en test
- Le robot est considéré comme un outil ou un être vivant
- Pour la plupart des personnes âgées, l’interaction avec un robot ne les dérange pas. Ils posent la question « A quoi cela va me servir? » « Combien ? »
- Il faut prendre en compte la relation avec le cercle de personnes (amis, voisins, enfants, animaux de compagnie)
- Il faut aussi protéger le patient des personnes mal-intentionnées qui sont malheureusement nombreuses.
- La reconnaissance vocale en robotique cela ne marche pas.
- Obligation de la personne a valider les ordres (« sors la poubelle » « dois-je sortir la poubelle ? » « oui ») trop lourde.
LAAS
Un chercheur du LAAS a souligné les technologies qui sont maintenant exploitables en robotique :
- l’apprentissage
- Le suivi d’un humain précis même dans une foule via RFID spécial (nouveau RFID développé au LAAS)
- Reconnaissance faciale par filtrage particulaire
- La prise en compte d’Internet et des caméras de video surveillance pour la prise de décision
- Le capteur Kinect est une petite révolution
- les techniques de SLAM sont aussi une petite révolution pour la problématique de localisation
- Des recherches commencent sur la localisation audio (faire une cartographie à partir d’une dizaine de microphones)
L’autre star de la journée après l’agriculture, c’est le drone volant. Maintenant que les technologies du drone se sont développées, on cherche les applications et il y en a des tonnes. Le LAAS a fait une présentation sur l’implémentation des drones entièrement autonomes dans la circulation civile. L’ONERA a posé les bases d’un drone exploitable économiquement = taches simples tout en satisfaisant les contraintes de navigation de tout objet volant. La tache de rentrée automatique à la base doit aussi être obligatoirement faite et fiable.
Un point a été fait sur les formations de robotique en Midi-Pyrénées avec l’ICAM et l’Université Paul-Sabatier (Future école d’ingénieur UPSSITECH)
SYROBO a ensuite présenté son projet de développer une antenne indépendante en Midi-Pyrénées. Il a présenté le rôle du syndicat et annoncé l’ouverture d’un capital d’aide de 60 millions d’euros. Formation, Fédération, Évangélisation, Financement, Recherche ont été les maîtres mots.
KINEOCAM
KINEOCAM est une entreprise qui fait du pathfinding automatique pour les robots bras et pour les robots mobiles. Des projets où ils interviennent : ROBAUCOOP, ICARO, CAAMVis, ROMEO2.
Magellium
Leur métier principal est le traitement d’images satellites (détection de toits par exemple), cartes IGN. Ils se sont diversifiés par la maîtrise de la reconstruction 3D de scène par stéréo-vision. Un prototype est déjà parti sur Mars. les projets sont MagEYES, MagVME, MagNAV.
Sterela
Ils développent notamment une plate forme mobile tout terrain assez impressionnante au niveau des performances.
NAVONTIME
Ils ont développé une interface logicielle qui utilise les puces GPS classiques pour en augmenter la précision jusqu’au centimètre et garantir une probabilité de panne chose qui est très importante en milieu certifié. Le marché principal est la tondeuse de précision. Cela ne marche qu’en extérieur mais un axe de recherche est en cours pour utiliser la navigation par caméra en intérieur.
DELAIR-TECH
C’est une entreprise qui développe des drones de type planeur (1.9m, 2kg) pour la surveillance de sites industriels à longue portée (50km/45min)(comme les pipelines par exemple). Il y a possibilité de départ automatique d’un drone sur évènement (urgence déclarée)
Rockwell et Collins : Encore des drones.
S’en est suivi une table ronde sur la mutualisation des ressources robotiques en Midi-Pyrénées.
Voila pour ce petit article de culture technologique en robotique. Je vous fais confiance pour aller sur les sites internet respectifs pour étayer votre curiosité.
ça bouge pas mal en Midi-Pyrénées !!!
Je remarque également qu’on s’intéresse beaucoup à la problématique « DRONE »…
C’est joli c’est petites bêtes.
Je me pose une question tout de même. J’imagine que l’exploitation civile des drones a été abordées. Est-ce que tu pourrais nous donner une idée des applications ?
A part des drones pour la surveillance et la répression, j’arrive pas à voir les applications possibles ! :p
Merci pour ce petit reportage !
C’est toujours aussi sympa de voir que ça bouge dans tous les sens.